Postcards from the Edge, à deux doigts de la crise

La critique

J'ai comme une envie de parler un peu de Postcards from the Edge, film peu cité de la filmographie de Meryl Streep. Le scénario est de Carrie Fisher, qui aborde avec humour les relations filiales et la dépression.

Le film se focus sur une actrice addict à la drogue qui, après une overdose, est forcée par ses producteurs à vivre avec sa mère.

Meryl Streep dans Postcards from the Edge, 1990

C'est un charmant petit film sur les relations mère-fille, avec deux actrices phénoménales. Le duo Meryl Streep/Shirley MacLaine est explosif, piquant ; elles brillent chacune leur tour et, si Suzanne Vale (le personnage de Meryl Streep) est l'héroïne, sa mère lui vole parfois la vedette. Ce qui est sûr, c'est qu'elles font le show, en particulier lors de la scène de chant autour du piano, où Meryl Streep chante (toujours un plaisir à entendre) avant de laisser la place à Shirley MacLaine. Cette scène m'a particulièrement marquée, car elle résume parfaitement la relation entre les deux femmes, à la fois la fierté l'une de l'autre et leur rivalité.

Le plot n'est pas passionnant - on suit Suzanne alors qu'elle navigue entre la production d'un film, ses amours compliqués, et ses tentatives d'émancipation par rapport à sa mère - mais le film trouve sa force dans l'humour des situations présentées et des personnalités montrées. Hormis Suzanne et sa mère, deux artistes excentriques chacune à leur manière, on a également le reste de leur famille, ainsi que les techniciens du film de Suzanne, et son amant volage.

Même si ça se passe en grande partie sur un plateau de cinéma, ça n'en dit à mon sens pas tant que ça à ce sujet, si ce n'est les commentaires des techniciens sur Suzanne, ses addictions et son corps. On peut repérer çà et là des affiches et des références à certains films, mais ça s'arrête là : ce n'est pas le propos. On se concentre sur Suzanne et sa mère, toutes deux hautes en couleurs, et ça fonctionne très bien comme ça.

J'ai regardé Postcards avec ma propre mère, juste parce qu'on aime beaucoup Meryl Streep. Elle y est particulièrement émouvante, son personnage étant entourée de personnes imbuvables qui ne la comprennent pas. Elle joue parfaitement le trouble, et cette ligne fine entre être dépassée et complètement craquer. On la sent constamment à fleur de peau et « on the edge », d'où le titre. Il y a quelques moments de douceur où on la rassure, qui ont failli me tirer les larmes plus d'une fois.

Je me suis identifiée davantage à la dépression de Suzanne, qui n'est pas citée comme telle mais que j'ai devinée tout au long du film, qu'à la relation mère-fille. Ce n'est pas du tout la relation que j'ai avec ma mère, malgré tout j'ai beaucoup aimé ce film honnête et drôle, qui se termine par une note de bonheur.

Le film

Postcards from the Edge

Affiche Postcards from the Edge, 1990
1990, 1 h 41

Origine : USA

Autrice : Carrie Fisher

Réalisateur : Mike Nichols

Acteur·ice·s : Meryl Streep, Shirley MacLaine

Trigger warnings
dépression drogue alcoolisme overdose
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