La critique
Souvent considéré comme le premier slasher de son pays (ignorant alors Srigala sorti dans les années 80), Macabre est un film indonésien de 2009 qui emprunte ses tropes au cinéma américain pour mieux en accentuer l’horreur.
Il est question d’un groupe d’amis parfaitement détestables, qui en rentrant de soirée croisent la route d’une jeune fille étrange qui leur demande de la ramener chez elle ; une fois là-bas, sa famille s’avère encore plus étrange et s’en suit un massacre peu ragoûtant.
La quantité de sang présente dans ce film est telle que les personnages se mettent à glisser dessus quand ils se battent, c’est dire. Le gore y est poussé à l’extrême, n’hésitant pas une seule seconde à faire souffrir atrocement les personnages, dont on pense de nombreuses fois qu’ils succombent, pour les voir se relever à nouveau. Des fois, c’est décevant, parce que le personnage en question est insupportable (Eko, c’est de toi que je parle).
D’autres fois, c’est un personnage féminin, et là : c’est engageant. Toutes les femmes y sont montrées comme des forces de la nature, au courage sans faille. Quelqu’un sur Letterboxd pointait aussi qu’en parallèle les hommes y sont inutiles et pétrifiés par l’horreur. Les femmes, au contraire, sont résistantes et n’ont aucun scrupule à frapper, à mutiler, à tuer. L’héroïne, Ladya, est un des personnages les plus développés et on a plaisir à la suivre pendant qu’elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour s’échapper, y compris affronter la terrifiante matriarche. Celle-ci, la plus étrange de tous, agit comme une sorte de robot dépourvu d’émotions ; tout en elle est faux, ce qui est accentué par le port évident d’une perruque et de lentilles de contact. Sa voix monocorde et basse guide le film jusqu’à sa fin, sorte de litanie hypnotique adressée aux personnages comme aux spectateurs. Comme tout le reste du film, elle est à la fois effrayante et bizarrement drôle.
Car tout ça mêlé aux explosions de sang et aux yeux crevés confère parfois au comique ; on ne peut que rire en voyant un personnage revivre pour la énième fois ou les têtes tomber dans une véritable escalade de gore. Les moyens de mutilation et de meurtre sont tellement nombreux qu’il m’est difficile de tous les énumérer ici, mais tout de même : poignardages divers, brûlures, tirs de fusil, décapitations…
Pendant un temps, il m’a manqué une motivation pour les antagonistes, mais on finit par la deviner. A mieux y réfléchir, j’aime autant que cette idée reste subtile plutôt que d’être expliquée à haute voix et justifiée comme ça aurait été le cas dans un film américain. La situation de départ avec ces amis qui raccompagnent une fille chez elle et restent manger alors que la famille est super creepy rappelle les slashers US, mais ce qui suit a toute la morbidité du cinéma asiatique. Avec cette notion des femmes fortes, on devine aussi l’emprunt du trope de la final girl, poussé jusqu’à offrir un personnage attachant, au tempérament impitoyable.
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