Les critiques
Pour démarrer l'année avec un objectif sympa, je participe officiellement au Movie Challenge de 2021 ! Quarante catégories pour quarante films à voir au cours de cette année, avec quatre paliers à valider.
Je suis tombée dessus par hasard sur Twitter et les catégories assez originales me paraissent un bon moyen de tester de nouvelles choses, je tente donc l'aventure du challenge organisé annuellement par LilyLit et Tinalakiller depuis 2016. C'est ma première participation, donc pour avoir plus de détails ou poser des questions sur le fonctionnement, je vous invite à regarder directement le post sur le blog d'une des organisatrices.
Les dix catégories que j'ai remplies pour atteindre le palier Chocolat :
- Un film dont le titre est issu d’une chanson : Across The Universe
- Un film qui se déroule au bord de la mer : Captain Corelli's Mandolin
- Un film avec une scène chantée ou dansée : Rockstar
- Un film qui m’a fait pleurer : Promising Young Woman
- Un film d’un réalisateur que j’adore : The Killing of a Sacred Deer
- Un film qui se déroule à la campagne : Minari
- Un film dont une scène se passe au cinéma : Run
- Un film d’animation européen : Wolfwalkers
- Un film avec un meurtre : Christmas Evil
- Un film adapté d’une pièce de théâtre : Henry V
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Across The Universe
2007, 2 h 13Genres : Romance, Drame
Origine : USA
Auteur·ice·s : Dick Clement, Ian La Frenais, Julie Taymor, Dick Clement, Ian La Frenais
Réalisatrice : Julie Taymor
Acteur·ice·s : Jim Sturgess, Evan Rachel Wood
Trigger warningsviolence conjugale drogue alcoolisme violence meurtre flashs de lumière sexe
Un film dont le titre est issu d’une chanson : Across The Universe
Across The Universe est nommé d'après une chanson des Beatles, et pour cause, il s'approprie leur discographie pour dépeindre une romance psychédélique qui s'inscrit en plein dans le mouvement hippie des années 60 et les mouvements sociaux qui l'accompagnent.
Je ne pourrais pas dire objectivement que ce film est mauvais, il y a même beaucoup d'originalité dans la réalisation et la direction artistique est très sympa, mais côté scénario et chansons je n'ai vraiment pas passé un bon moment. Pourtant j'étais partie sans a prioris malgré mon aversion pour la musique des Beatles, mais malgré la revisite un peu plus rock de chaque titre, ça a été très long pour moi.
Contrairement à d'autres adaptations musicales du même type, le scénario ne se détache pas tellement de l'artiste au profit d'une histoire originale. Malgré tout je ne veux pas m'acharner contre ce film pour prouver qu'il est nul, parce qu'il est très clair qu'il a vraiment été très travaillé et colle parfaitement à l'époque et l'univers du groupe qu'il dépeint, ce n'est juste vraiment pas pour moi. Je ne critiquerais plus jamais les gens qui déclarent ne pas aimer pas Mamma Mia, en détestant ABBA ça doit être un vrai calvaire !
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Captain Corelli's Mandolin
2001, 2 h 11Genres : Guerre, Drame, Romance
Origine : France, USA, Royaume-Uni
Auteur : Shawn Slovo
Réalisateur : John Madden
Acteur·ice·s : Penelope Cruz, Nicolas Cage
Un film qui se déroule au bord de la mer : Captain Corelli's Mandolin
Vu parce que je suis actuellement en train de regarder toute la filmographie de Christian Bale, ce film m'a fait reconsidérer toutes les mauvaises notes que j'ai pu attribuer à des films auparavant, puisque je préférerais revoir mille fois ceux auxquels j'ai mis un 0 plutôt que de revoir Captain Corelli's Mandolin un jour. Pourtant pas mauvais techniquement, il manque cruellement de l'émotion censée accompagner un bon scénario et de bons dialogues.
Le film se déroule sur l'île grecque Kefalonia, ce qui en fait un bon candidat pour la catégorie bord de mer du #MovieChallenge21, mais c'est bien sa seule qualité. Cette romance historique, qui se passe pendant la Seconde guerre mondiale, met en scène une jeune femme grecque qui tombe amoureuse du capitaine italien venu occuper l'île.
Si le scénario n'était pas suffisamment ennuyeux, le casting comporte un quatuor principal au talent indéniable (Nicolas Cage, Penelope Cruz, John Hurt et Christian Bale) mais forcé de jouer avec de faux accents tout simplement insupportables. Je n'ose pas imaginer ce que peux bien donner la VF... Je me suis sentie particulièrement désolée pour Penelope qui donne vraiment tout ce qu'elle a (et elle a énormément à donner) pour un film qui ne dégage finalement rien.
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Rockstar
2011, 2 H 39Genres : Drame, Romance, Musique
Origine : Inde
Auteur : Imtiaz Ali
Réalisateur : Imtiaz Ali
Acteur·ice·s : Ranbir Kapoor, Nargis Fakhri
Un film avec une scène chantée ou dansée Rockstar
En terme de chant et de danse, on est toujours servis par Bollywood, d'autant plus qu'ici il est question du milieu de la musique. Imtiaz Ali interroge le rapport entre inspiration artistique et douleur, à travers un personnage qui cherche à tout prix à réussir dans la musique, même s'il doit avoir le coeur brisé pour cela.
La scène de fin m'a agrippée et émue avec facilité, mais j'ai eu plus de mal avec le reste du film qui se concentre sur l'histoire d'amour entre deux personnages peu agréables - l'un assez lourd et l'autre dont l'actrice a un jeu très peu convaincant... Malgré tout le film livre une théorie intéressante confirmée par le retournement final qui - bien qu'attendu - apporte une note plus profonde.
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Promising Young Woman
2020, 1 h 54Genres : Horreur, Drame
Origine : USA
Autrice : Emerald Fennell
Réalisatrice : Emerald Fennell
Actrice : Carey Mulligan
Trigger warningsmeurtre sang mentions de viol
Un film qui m'a fait pleurer : Promising Young Woman
Impossible de rester stoïque face à la quête de vengeance poignante d'une jeune femme contre des oppresseurs que l'on ne connait que trop bien. Promising Young Woman est comme prévu LA réussite de l'année 2020, dont la justesse de ton et le traitement impitoyable des hommes est terriblement grisante. L'écriture d'Emerald Fennell appelle aussi bien les male tears rageuses de ses nombreux détracteurs que les larmes sincères et reconnaissantes des femmes qui s'y identifieront sans problème.
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The Killing of a Sacred Deer
2017, 2 h 01Genres : Thriller, Drame
Origine : Royaume-Uni, USA, Irlande
Auteurs : Yorgos Lanthimos, Efthymis Filippou
Réalisateur : Yorgos Lanthimos
Acteur.ice.s : Colin Farell, Nicole Kidman, Barry Keoghan
Trigger warningsviolence domestique addiction torture gore mention d'inceste meurtre automutilation sexe armes à feu
Un film d’un réalisateur que j’adore : Yorgos Lanthimos
Particulièrement sensible au cinéma étrange de Yorgos Lanthimos, je me suis empressée d'avancer dans sa filmographie. L'histoire de ce chirurgien qui se retrouve malgré lui obligé de faire un choix impossible est, comme d'habitude, dérangeante, profondément symbolique et il est, curieusement, plus facile de laisser de côté l'analyse pendant le visionnage et de ressentir le film sur le plan émotionnel avant tout. "Curieusement", parce que comme dans The Lobster, les personnages semblent dépourvus d'émotions, livrant leurs dialogues sur un ton monocorde et semblant agir mécaniquement au gré des normes sociales prédéfinies. Mais ce procédé est pour moi une façon très intelligente de mettre en valeur leur ressenti, qui est bien là, surtout lorsque les personnages cherchent à s'affranchir des règles et finissent par exploser.
The Killing of a Sacred Deer se complait à provoquer le malaise chez le spectateur tout en incorporant des notes d'humour et des indices rendant mille interprétations possibles - le titre laissant deviner un sous-texte d'abord théologique, une réécriture du mythe grec selon lequel Agamemnon doit tuer Yphigénie pour apaiser la colère d'Artémis après avoir accidentellement tué un cerf sacré - le tout enveloppé dans une photographie sublime.
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Minari
2020, 1 h 55Genre : Drame
Origine : USA
Auteur : Lee Isaac Chung
Réalisateur : Lee Isaac Chung
Acteurs : Steven Yeun, Alan S. Kim
Trigger warningsaddiction sang mention de suicide
Un film qui se déroule à la campagne : Minari
Minari se centre sur une famille d'immigrés coréens qui s'établissent dans la campagne américaine et tentent de monter une ferme. Le cadre doux de l'endroit persiste pendant toute la durée de l'histoire, malgré la seconde partie du film où les coups durs commencent à les frapper. Si les événements ne sont pas toujours heureux, l'histoire semble se centrer sur le petit garçon et l'enfance qu'il est en train de vivre, les leçons qu'il reçoit des adultes qui l'entourent...
J'ai tout bonnement adoré la façon assez poétique dont ce film dépeint la vie des Yi, sans chercher à tout prix à distraire le spectateur mais y parvenant par de simples moments de vie. Peuplé de personnages tous très attachants, une tendresse particulière se dégage de David, le fils, et de sa grand-mère avec qui il échange dans tous les sens du terme : il apprend d'elle, mais ce sont aussi leurs places qui semblent s'intervertir. Le thème de l'eau, qu'on cherche, qui manque à certains, qu'on voit couler des robinets ou qu'il faut aller chercher dans des seaux, est présent à chaque instant et symbolise énormément de choses, tout comme le fameux minari qui se trouve à plusieurs points-clés et donne son nom à l'oeuvre. Comme l'herbe éponyme, Minari grandit, est accessible à tous, soigne. Wonderful wonderful Minari.
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Run
2020, 1 h 30Genres : Horreur, Drame
Origine : USA
Auteurs : Sev Ohanian, Aneesh Chaganty
Réalisateur : Aneesh Chaganty
Actrices : Sarah Paulson, Kiera Allen
Trigger warningsviolence domestique
Un film dont une scène se passe au cinéma : Run
Mère et fille vont au cinéma dans ce récent thriller horrifique, pour ce que l'une pense être un moment complice mais que l'autre saisit comme une issue de secours. Run semble en effet être une revisite de la fameuse histoire de Gypsy Rose Blanchard, fait divers très connu causé par un syndrome de Münchhausen de sa mère (pour + d'infos sur l'affaire, Sonya Lwu en a fait un passionnant duo de vidéos.) L'affaire avait déjà été extensivement adaptée, dont récemment dans la très impressionnante mini-série The Act, mais Run semble vouloir s'en affranchir davantage.
Je déconseille cependant de se renseigner sur l'affaire ou sur le film avant de le voir, car la bande-annonce spoile énormément et le scénario est toujours très calqué sur le déroulement de l'affaire Gypsy Rose, malgré un désir flagrant de la réécrire. La jeune victime débute le film en ayant déjà des doutes sur le comportement de sa mère, ce qui place la bascule horrifique dès le départ et privilégie l'anticipation et l'angoisse pendant la quasi totalité de l'intrigue. Le scénario aurait, je trouve, mérité davantage d’originalité, mais il fonctionne tout de même, et les performances des actrices le rendent suffisamment prenant pour passer outre la déception. D'ailleurs, Kiera Allen, dont c'est un des premiers rôles, est parfaitement à la hauteur du défi.
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Wolfwalkers
2020, 1 h 43Genres : Animation, Fantastique, Aventure
Origine : Chine, France, Irlande, Luxembourg, USA
Auteurs : Tomm Moore, Will Collins, Ross Stewart
Réalisateurs : Tomm Moore, Ross Stewart
Acteur·ice·s : Honor Kneafsey, Eva Whittaker, Sean Bean
Trigger warningssuicide sang armes à feu
Un film d'animation européen : Wolfwalkers
Le Peuple Loup, ou Wolfwalkers, est une coproduction de trois pays européens au style d'animation très attirant. L'univers celtique est terriblement bien mené, semblant imbibé de légendes sans pour autant être une adaptation - le scénario original est par ailleurs très émouvant, mettant en scène la rencontre de deux enfants aux vies opposées mais qui s'attachent immédiatement l'une à l'autre. Si l'on s'intéresse pour la énième fois au thème de la famille (plus précisément de la found family), le cadre rend l'histoire presque innovante en y alliant mystère, onirisme et spiritualité.
L'animation 2D absolument magnifique est le vrai avantage de ce film, qui aurait pu en faire plus au niveau du scénario, mais signe tout de même un vrai bon moment avec des leçons importantes pour la jeunesse. J'ai aussi bien apprécié la façon dont les loups sont dépeints, assez négativement au départ de par leur agressivité, puis petit à petit comme des victimes d'un acharnement humain qui n'a pas lieu d'être... sans pour autant devenir de petites boules de poil craintives, qui seraient un peu trop éloignées de la réalité d'un animal sauvage.
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Christmas Evil
1980, 1 h 30Genre : Horreur
Origine : USA
Auteurs : Lewis Jackson
Réalisateur : Lewis Jackson
Acteur : Brandon Maggart
Trigger warningsviolencemutilationsexesang
Un film avec un meurtre : Christmas Evil
Ce thriller du début des années 80 est vendu comme un slasher mais s'en éloigne fortement par son rythme, son nombre finalement peu élevé de meurtres, et surtout par la place centrale du traumatisme d'enfance qui mène peu à peu le personnage principal au meurtre. Si l'on regrette encore et toujours l'utilisation de la folie comme moteur de l'horreur sanglante, j'ai été hapée par ce personnage complètement habité par le choc de surprendre ses parents en plein acte le soir de Noël. Le fait de refuser ce souvenir le conduit à refuser l'inexistence du Père Noël, mais aussi indirectement l'idée de la sexualité - ce que j'ai trouvé aussi particulièrement intéressant, bien que cette seconde idée soit très discrète. Au-delà de la rage qui l'habite et le rend à la fois attachant et compréhensible, il semble y avoir un propos subtil sur le traumatisme, au point que je trouverais vraiment intéressant si un remake plus moderne voyait le jour.
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Henry V1989, 2 h 17Genres : Guerre, Histoire, Drame
Origine : Royaume-Uni
Auteur : Kenneth Branagh
Réalisateur : Kenneth Branagh
Acteur : Kenneth Branagh
Trigger warningssangguerre
Un film adapté d’une pièce de théâtre : Henry V
Les pièces historiques de Shakespeare, et le Cycle des Rois en particulier, ont toujours été parmi celles que je trouve les plus ennuyeuses (d'abord les thèmes mais surtout le language qui est assez inacessible, même pour un anglais) mais je me suis retrouvée devant cette adaptation iconique d'Henry V pendant le visionnage de la filmographie de Christian Bale, qui y tient un rôle très mineur. Je m'attendais donc à un film de guerre historique très ennuyeux, mais passé les scènes d'exposition je me suis laissée emporter par l'euphorie de cette aventure épique. Kenneth Branagh en livre une interprétation assez brutale mais familière, presque douce en même temps, dont la magnifique photographie risque de me rester longtemps en tête.
J'ai toujours été assez hermétique au personnage principal (qui est une vraie plaie dans les pièces qui précèdent) mais j'en ai gagné une nouvelle compréhension grâce à cette version d'Harry empreint d'émotion, de coeur et d'une puissance presque euphorisante. Si le reste du dialogue est toujours assez incompréhensible sans une énorme concentration, les discours qu'il fait aux troupes et les scènes où il transpire la tristesse sont particulièrement marquants.
Voilà donc pour le premier palier du challenge, mais ça ne s'arrête pas là parce que je compte bien remplir les quarante catégories (oui, même le film expérimental...). On se retrouve pour le prochain palier dans pas trop longtemps - j'ai déjà commencé à le préparer :)
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